Facebook : l’autre canal pour se faire entendre au Bénin

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L’utilisation de Facebook au Bénin se généralise de jour en jour et envahit notre quotidien, particulièrement celui de la jeune génération. Le réseau de Mark Zuckerberg sert à rester en contact et à parler de tout et de rien avec les proches (c’est d’ailleurs le principe de Facebook, lisible sur la page d’accueil du site). Mais de temps à autre, certaines personnes n’hésitent pas à se servir de la plateforme aux 1,5 milliards d’utilisateurs dont plusieurs dizaines de millions en Afrique pour dénoncer à travers une publication sur leur profil certains problèmes sociaux.

Journalistes, photographes, blogueurs, entrepreneurs écrivains ou simples anonymes, tout le monde s’y met pour mettre un accent sur certains faits ou crier leurs ras-le-bol. La pratique est même le principe de certains groupes ou pages sur la plateforme bleue. Mais le cas des personnes prenant des initiatives unilatérales sur leur profil est de plus en plus remarquable. Les exemples sont nombreux et parlent d’eux-mêmes

Sur cette publication, la blogueuse connue sous le pseudonyme Mylène Flicka dénonce les pratiques de la mairie de Cotonou.

« La voirie de Cotonou met la vie des usagers de la route en danger.

Je ne sais pas si c'est une stratégie politique ou un projet terroriste, mais balayer les routes à 12h est criminel. On gêne la circulation, on vous fait inhaler de la poussière, on vous expose à des risques d'accidents, on vous brouille la vision et ce sous prétexte qu'on travaille pour nous. Une minute d'inattention et tu peux culbuter sur une brouette, une pelle ou un balai. Complètement contre-productif et dangereux, messieurs les autorités.

Et comme vous avez la culture du drame, , on va tranquillement attendre que quelqu'un se fasse renverser pour agir. Ayez pitié des populations et emportez vos cerveaux à vos bureaux. Merci.»

 

La voirie de Cotonou met la vie des usagers de la route en danger. Je ne sais pas si c'est une stratégie politique ou...

Posted by Mylène Flicka on lundi 12 octobre 2015

 

André Dossa, le très connu journaliste de la télévision privée Canal 3 Bénin est aussi un habitué de ce type de publication qui mêle souvent un peu d’ironie à ses sorties. Dans cette publication, André Dossa dénonce le coût exorbitant selon lui des forfaits Internet de l’opérateur de téléphonie mobile MTN Bénin.

« Donc il n'y a personne dans ce pays pour nous protéger contre les nuisances de mtn?

30 000f de connexion en moins de 3 semaines. Et dire qu'on n'a pas le choix puisqu'ils sont tous pareils. » écrit-il ajoutant le hashtag ‪#‎MarcellinIllougbadéyenamarre »

 

Donc il n'y a personne dans ce pays pour nous protéger contre les nuisances de mtn? 30 000f de connexion en moins de 3...

Posted by André Dossa on jeudi 8 octobre 2015

 

L’écrivain Florent Couao-Zotti est aussi un habitué de ce type de publication. Sans doute, l’une des stars de la catégorie. Plusieurs fois par semaines, l’auteur de “Si la cour du mouton est sale, ce n’est pas au cochon de le dire” et des “Fantômes du Brésil” publie sur son profil Facebook des posts dont le ton mêle à la fois humour, indignation et dénonciation. Parmi ses sujets de prédilections la politique, les faits de société, la culture, etc. Il peint dans la publication qui suit, la valse des candidats à la présidentielle de 2016 au Bénin.

 

Présidentielles 2016 au Bénin: le bal des caïmans.En 2011, Jeune Afrique avait titré sur les élections présidentielles...

Posté par Florent Couao-zotti sur lundi 17 août 2015

 

Cet activisme sur Internet ou web-activisme, principalement sur les réseaux sociaux n’est pas seulement une réalité béninoise. En Afrique où le taux de pénétration du mobile et de l’internet mobile ne cesse de grimper, la pratique se généralise. Les réseaux sociaux ont, à ce titre, joué un rôle très important dans les printemps arabes. Au Burkina Faso (lors de la chute de Blaise Compaoré et du récent coup d’Etat), au Congo, etc, aucun pays ne semble être épargné.